Réunion publique du 21 mai 2019

Le projet immobilier de la Gare présenté aux Andrésiens

Le projet de 290 logements autour de la Gare SNCF a été présenté aux Andrésiens.

Sans réelle innovation, ni originalité, dépourvus de critères d’éco-urbanisme, les nouveaux bâtiments qui prendront la place des zones vertes et de la halle à marchandises SNCF amèneront 700 habitants en plus, des flux routiers importants et concentrés en raison de la présence du goulot d’étranglement que constitue l’unique pont routier actuel. Le parking Relay SNCF deviendra payant. Ce qui nécessitera de créer une règlementation en matière de stationnements dans tout le quartier.

Les élus AER ont encore une fois déploré l’absence de concertation et de co-construction avec les habitants de la ville.

C’est devant 150 personnes plutôt disciplinées que le maire d’Andrésy et ses adjoints MM. Denis Faist, premier adjoint, et Jean-Claude Anne, adjoint à l’Urbanisme, ont présenté l’état d’avancement du projet d’urbanisation de la gare d’Andrésy. L’aréopage de l’aménageur Citallios en charge du projet était également présent pour lâcher quelques informations supplémentaires sur un projet qui n’aura jamais été concerté et encore moins co-construit avec les habitants.

Un projet qui ne respecte pas nos obligations légales en logements sociaux

Le projet immobilier de la Gare comprendra 290 nouveaux logements, dont 35% de logements sociaux. Pour mémoire, lors de l’appel d’offre, Citallios présentait un projet avec 247 logements. La densité  « ne dépassera pas 116 » logements à l’hectare selon le maire, soit légèrement moins que les 145 logements/ha des constructions réalisées sur le terrain de l’ancien collège.

Néanmoins, les 35% de logements sociaux restent insuffisants à deux titres. D’abord, le prochain plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) exige un taux de 40% dans tout futur projet immobilier prévu dans des villes qui, comme Andrésy, ne respectent pas la loi SRU (17% de logements sociaux sur la ville alors qu’il faut atteindre 25%). Ensuite, si la ville souhaite rattraper son retard et ne pas être obligée de construire toujours plus, elle doit proposer une proportion de social plus élevée, d’autant que 75% des Andrésiens peuvent prétendre à un logement social.

Ce n’est pas le choix de la municipalité actuelle...

La forme du projet

Les collectifs puis les semi-collectifs et enfin les pavillons s’enchaîneront de la gare à la mairie annexe, tout au long de la rue Jean Philippe Rameau. Une place centrale, comprenant stationnements réglementés (parking relais SNCF semi-enterré) et locaux commerciaux, sera créée. Collectifs et semi-collectifs seront aussi construits, dans l’espace compris entre la place de la gare, la rue Maurice Berteaux et la rue des Valences.

Quant à l’ancienne halle à marchandises SNCF, élément patrimonial de l’architecture industrielle de la fin du XIXème siècle, elle sera… rasée. Ce que nous le regrettons vivement car, comme nous l’avons plusieurs fois proposé, ce bâtiment aurait pu faire l’objet d’une réhabilitation, à l’exemple de celle de Triel, pour y et accueillir des locaux commerciaux et des salles municipales.

Le projet sera aménagé en deux « tranches ».

  • Tranche 1
    Le permis sera déposé au 3ème trimestre 2019 pour un démarrage des travaux en 2020 et une livraison au 3ème trimestre 2022
  • Tranche 2 
    Le détail des bâtiments de cette seconde tranche n’est pas arrêté. Le permis sera déposé au 1er trimestre 2021 pour une livraion au 1er trimestre 2023

L’esthétisme général du projet ne semble pas avoir convaincu les Andrésiens présents : le quartier Gare sera fortement bétonné, donc très minéral. On y retrouvera beaucoup de potelets et l’aspect très standardisé des quartiers “ville nouvelle”, sans vraiment d’identité, malgré le discours de l’architecte sur le traitement de certaines façades façon meulière.

Un projet sans aucune RÉELLE ambition écologique

Au regard de l’ampleur du projet, aucun réel effort en matière d’urbanisme durable et écologique n’est réalisé. Pas de labellisation “éco-quartier”, pas de bâtiments passifs, pas d’efforts en matière d’énergies renouvelables (absence de panneaux photovoltaïques, de biomasse) ou en matière de trames vertes et protection de la biodiversité. Pas non plus de référence à de quelconques engagements pour réduire l’effet « îlot de chaleur » déjà important sur cette zone et qui ne pourra qu’être renforcé par la minéralisation généralisée de ce projet.

Face à notre critique exprimée en réunion, l’aménageur Citallios a rappelé que le projet respecterait la réglementation thermique 2012 « moins 10% » et respecterait le critère du bâtiment « Haute Qualité Environnementale ». Dans les faits, on comprend que c’est la RT 2012 améliorée de 10 % pour l’accession et de 20 % pour le social.

Le label « BiodiverCity® », est présenté comme le « premier label international pour la prise en compte de la biodiversité dans les projets immobiliers de construction et de rénovation ». Ce label a été créé par les professionnels de l’immobilier eux-mêmes en collaboration avec deux cautions environnementales (Bolloré Logistics, Les Jardins de Gally, le groupe Caisse des Dépôts, Gecina, la Ligue pour la Protection des Oiseaux, Bouygues Construction et Elan) autour de quatre axes :
1. L’engagement (Maîtrise d’ouvrage)
2. Le projet (Maîtrise d’œuvre – Architectes et concepteurs)
3. Le potentiel écologique
4. L’usage (Les utilisateurs)
Chaque axe est évalué sur une échelle allant de A à E.
Pour obtenir le Label au niveau « Base », il faut avoir au moins un A et aucun E ou D. Les deux autres « niveaux » sont atteints avec deux A (Performant) ou trois A (Excellent).
En d’autres termes, le minimum requis est d’être « excellent » sur un axe et « moyen » sur les 4 autres. A première vue, on peut craindre que l’effet label soit l’effet recherché. En accolant le label « BiodiverCity » le promoteur pourra mettre en avant un terme qui sonne bien vert avec un engagement minimal.
http://cibi-biodivercity.com/biodivercity/

Le projet immobilier met également en avant sa labellisation « Biodivercity ». Il s’agit d’un label créé par les professionnels de l’immobilier eux-mêmes et dont les critères apparaissent fort peu contraignants.

Au final, ce projet n’anticipe nullement les futures exigences de la réglementation thermique 2020 alors même que les dépenses de chauffage pèsent lourdement sur le budget des ménages et que les bâtiments seront livrés après cette nouvelle réglementation !

Nous avons également rappelé au public que le maire avait refusé la proposition d’une isolation phonique extérieure (style mur végétal anti-bruit) pour les logements proches des voies SNCF, arguant du fait qu’il y avait “déjà des Andrésiens qui habitaient à côté des voies”... L’aménageur a néanmoins affirmé que les logements touchés auraient des “dispositifs acoustiques et anti-vibrations adaptés”.

Des activités de services en rez-de-chaussée

Côté activité économique, il ne faut, semble-t-il, pas s’attendre à du commerce de bouche, même si Citallios croit en la viabilité d’un primeur installé à la sortie de la gare mais à quelques centaines de mètres seulement du supermarché Casino…

Lors de la réunion, les constructions d’une future maison de santé de 460 m², comprenant un laboratoire d’analyses et des médecins ainsi que l’installation d’une crèche privée de 30 berceaux « Cap Enfants » ont été confirmées.

Pas de poste de Police municipale à la gare

Par contre, d’autres arrivées ne sont pas confirmées : le maire a créé la surprise en annonçant que finalement, suite à l’opposition des services municipaux, le poste de la police municipale ne serait pas déplacé car le projet immobilier ne serait pas conçu pour accueillir un poste de police.

De même, le maire n’évoque plus le déplacement de La Poste des bords de Seine vers la gare.

La règlementation en matière de parkings non respectée

Un maximum de parkings sont prévus pour les logements : près de 398 places en souterrain. Le maire d’Andrésy, sur ce point, est très clair : pas question de respecter la réglementation qui prévoit au maximum un parking par logement quand le projet est construit autour des gares. En conséquence, la majorité des logements aura au moins 2 places de stationnement, alors qu’ils se situent devant une gare qui peut amener les habitants à St-Lazare en 38 minutes.

Côté stationnement public, un parking relais payant de 170 places sera construit et 95 places sont annoncées autour de la gare, qu’il faudra comparer à l’existant. Mais, côté gare (ure Maurice Berteaux), le nombre de stationnements en rue sera le même qu’actuellement.

Toujours plus de circulation

Plus de stationnements pour les logements, ce sera seront plus de voitures et donc plus de circulation... Et c’est justement la principale inquiétude des riverains : les 700 habitants supplémentaires prendront la voiture pour aller travailler, faire les courses, emmener les enfants aux activités extra-scolaires et à l’école, générant mécaniquement des flux automobiles supplémentaires.

En outre il faut savoir que la municipalité a refusé l’idée de créer une nouvelle école dans le quartier des Sablons alors qu’il existe déjà les immeubles de l’ancien collège et qu’on sait que 400 autres nouveaux logements verront le jour dans le secteur du Casino à moyen terme. Les enfants de ce nouveau quartier iront donc à l’école Denouval (qui va être agrandie), et qui se trouve à 16 minutes à pied au bas mot...

Cerise sur le gâteau, les difficultés de circulation devraient nettement s’intensifier car l’accès vers le bas de la ville et les écoles ne sera assuré que par le seul pont SNCF. Mais, si l’on en croit l’étude déplacement réalisée par la ville en 2018, cela ne posera pas de problème. On peine à la croire...

L’inquiétude des habitants de la Rue Maurice Berteaux

C’est justement la partie sud du projet qui inquiète le plus les habitants : la rue Maurice Berteaux ne sera pas élargie mais recevra des flux supplémentaires importants.

Un rond-point avec la rue de la Gare et deux ralentisseurs sont prévus au début de la rue Maurice Berteaux, mais aucun investissement n’est réalisé après la rue des Valences. Entre cette rue et la boulangerie de la Gare, un point chaud est créé par le projet : il y aura la sortie de parking des semi collectifs construits au niveau de la rue des Valences et quelques mètres plus haut, l’arrêt de bus. Ce dernier va, en effet, changer de place, pour une question d’accessibilité handicap. Il sera situé au niveau de la boulangerie, sur la rue Maurice Berteaux, à l’endroit du rétrécissement de chaussée !

Absence de concertation avec les Andrésiens

Au bout de deux heures de présentation et de questions du public, les Andrésiens oscillaient entre défaitisme et méfiance... Mais tous ont déploré l’absence de concertation sur ce projet.

Comme l’a rappelé, à cette réunion, Lionel Wastl, tête de liste des élus AER : « Je suis ici avec une double casquette, celle d’élu municipal et celle de riverain. Et dans les deux cas, je n’ai jamais été concerté... Il est tout-de-même affligeant de constater qu’en 2019, une municipalité décide seule, dans son bureau, sur un tel projet et ne soit pas capable de co-construire avec ses habitants » ...