Bilan de deux années pitoyables de l’interco GPS&O

Rapport d’activité 2017 de GPS&O

Grand Paris Seine et Oise (GPS&O) a été créée en 2016. L’intercommunalité à laquelle appartient Andrésy vient de publier son rapport d’activité 2017.

Analyse critique par les élus AER d’un bilan pitoyable, particulièrement concernant les services rendus aux Andrésiens.

GPSeO

Autosatisfaction et novlangue

Le rapport d’activité 2017 de notre intercommunalité GPS&O tombe en plein mouvement des gilets jaunes, mouvement qui souligne en particulier le sentiment de ne pas être écoutés par les élites, notamment politiques.

La lecture du rapport en apporte un exemple flagrant tant elle empreinte tous les travers technocratiques que les Français condamnent avec, entre autres, des pages d’autosatisfaction écrites dans la plus pure tradition de la novlangue.

A chaque page de ce rapport, la majorité LR derrière MM. Tautou et Bédier se félicite des services de l’interco sur le territoire qui couvre, rappelons-le, 73 communes et plus de 400 000 habitants. Des pages de lauriers tressés qui feront sursauter tout habitant du territoire, tant le service public réel rendu laisse partout à désirer...

Quand GPS&O découvre l’ampleur de la tâche qui lui incombe

A la forme s’ajoute le fond. Ce dernier est souvent insupportable à lire car on a le sentiment que les élus de l’interco découvrent ce qu’ils ont eux-mêmes « construits », à savoir : une méga interco, sans bassin cohérent de vie et d’emploi, allant du confluent Seine-Oise jusqu’aux confins du Mantois.

Il est ainsi sidérant de lire de la main de Michel Frangville, Directeur Général des Services, que GPS&O est « bouleversé par la prise en charge de nouvelles compétences » ! (page 7 du rapport).

Sidérant puisque ce sont tous les élus intercommunaux, dont ceux d’Andrésy, qui ont décidé de choisir le degré ultime d’intégration, c’est-à-dire une Communauté Urbaine avec le maximum de transferts de compétences alors qu’ils auraient pu opter pour une Communauté d’Agglomération moins intégrante.

La raison en est écrite noir sur blanc dans les comptes rendus des ateliers de travail préparatoires à la constitution de cette interco : choisir la CU permettait d’obtenir une dotation financière de l’Etat plus importante ! Peu importe si la faisabilité du transfert de tant de compétences était possible ou pas.

On s’interroge sur les motivations et le sens des réalités de nos élus...

Tautou : « des moyens financiers insuffisants »... malgré son cabinet d’experts

Philippe Tautou, président (LR) de GPS&O, l’a lui-même avoué, lors des débats du Forum métropolitain du Grand Paris, en déplorant : « les moyens financiers accordés sont nettement inférieurs à ceux attribués aux intercos construites par le passé » (p. 93 du CR) :

Comment ne pouvait-il pas le savoir avant la création de GPS&O alors qu’il avait recruté un cabinet d’expert pour analyser la viabilité financière de ce projet (1) ? De même, c’est bien la majorité de M. Tautou et leurs experts qui avaient estimé que le choix du statut le plus intégrateur (Communauté Urbaine, CU) avait un « avantage financier » sur le choix du statut inférieur (Communauté d’Agglomération, CA) : la dotation passant de 17,9 à 24,6 M €. Argument aussi rappelé dans la délibération 02 du Conseil municipal d’Andrésy du 5 novembre 2015.

Un rapport d’activité vide

Ceci explique qu’à part quelques données budgétaires très générales qui renvoient aux dépenses obligatoires de l’interco en raison de ses compétences, ce document est VIDE !

Prenons un exemple tout près de chez nous : les médias nationaux ont relayé l’affaire de la plus gigantesque décharge à ciel ouvert sur la plaine de Carrières. Des années d’inaction de l’interco ont laissé se développer plus de 7000 tonnes de déchets sur 44 hectares et cela à moins de 300 mètres des premières habitations.

Alors que toute la presse nationale en a parlé, voici ce que dit le rapport d’activité de GPS&O de la plaine : on y parle de « définition d’une nouvelle gouvernance (...), d’orientations des futures phases et de mise en œuvre de projets de valorisation » sans jamais dire lesquelles, ni ce qui sera fait concernant les déchets d’ici-là. Voilà encore un bel exemple d’un discours creux qui ne peut masquer l’inaction des élus de GPS&O et renforcera le sentiment de défiance des citoyens.

Autre exemple assez frappant du vide de ce rapport annuel : pour tenter de donner de la substance à la soi-disant action des élus, le rapport fait un bilan des délibérations prises dans les conseils communautaires durant l’année 2017. Hélas, ce bilan se limite à… décompter le nombre de délibérations prises par compétences, sans précision des contenus ! On met en avant la quantité, à défaut de qualité...

Ainsi, nous apprenons que GPS&O a pris 22 délibérations concernant la voirie ! Pour quels résultats ? Les Andrésiens ont pu constater par eux-mêmes un investissement nul ou presque sur leur ville pour cette année 2017.

Bédier : « GPS&O [est obligé] de morceller les appels d’offre »... rendant impossible les économies d’échelles promises

Cette inefficacité, même le vice-président de l’interco, et initiateur de ce projet, Pierre Bédier, l’a avouée (là encore lors des débats du forum métropolitain) : selon le président du département, GPS&O n’arrive pas à réaliser d’économies d’échelle car « GPS&O morcelle les appels d’offre », pour d’obscures raisons de protection des entreprises locales, ce qui réduit d’autant les possibilités de profiter de la taille de GPS&O, (p. 65 du CR).

Voilà donc la raison principale du regroupement de 73 communes - à savoir, la réalisation d’économies d’échelle par mutualisation des moyens et des actions - reconnue impossible par l’exécutif de GPS&O !

Pourquoi donc alors, avoir créé cette Communauté Urbaine ? Comment des élus à la tête du département et d’anciennes Communautés d’Agglomération ont-il pu ainsi se fourvoyer ?

Le double-jeu de MM. Ribault et Faist

La majorité andrésienne, autour de MM. Ribault et Faist, y a cru, en votant favorablement à ce projet, les yeux fermés !

Après nous avoir embringué dans cette interco sans émettre de réserve, sans déposer d’amendement, la majorité d’Andrésy joue aujourd’hui un double-jeu bien dangereux pour les Andrésiens.

Faist : « une interco GPS&O à la dérive... »

En effet, M. Faist ne s’est pas exprimé lors de ce conseil municipal du 20 décembre 2018 qui prenait acte du rapport GPS&O mais le Premier adjoint de M. Ribault est devenu un opposant virulent à l’interco.

Appartenant au groupe minoritaire UDI de GPS&O, M. Faist a exprimé, par voie de presse, son inquiétude face à l’inefficacité et de la désorganisation des services de GPS&O. Son groupe a ainsi écrit à M. Tautou et déclaré le 12 décembre dernier lors du conseil communautaire que GPS&O était une « une communauté urbaine à la dérive ».

La valse des responsables administratifs et son coût financier

En effet, explique t-il, en deux ans d’existence, l’interco en est à son quatrième responsable des finances et à son troisième responsable des ressources humaines. Le nombre de cadres dirigeants de l’interco recrutés à l’extérieur et qui ont quitté ou été mis à l’écart de GPS&O se monte à 12.

M. Faist a aussi rappelé que ce fort turn-over entraine un coût financier de recrutement de 10 000 € par poste puisque GPS&O passe par un cabinet de recrutement extérieur. Il se demande aussi « pourquoi les éventuels candidats n’honorent pas leur RV une fois qu’ils se sont « renseignés sur la CU » ? Les recrutements extérieurs ne concernent d’ailleurs pas que les personnels d’encadrement.

GPS&O ou les petits arrangement entre les amis LR ?

A cette inefficacité caractéristique d’un mastodonte administratif, qui s’ajoute au millefeuille que nous connaissons, ajoutons les petits arrangements locaux présents chez GPS&O.

En effet, certaines communes savent tirer leur épingle du jeu, surtout quand leurs maires font partie de la majorité LR de MM. Tautou et Bédier. Par exemple, le rapport d’activité se félicite du renforcement du réseau de bus et des travaux de voirie sur Conflans, Poissy et Achères. Trois communes dont les maires font tous partie de la majorité LR Bédier/Tautou avec délégations.

Le maire de Conflans « satisfait » par le service Voiries assuré par les agents de sa ville...

Sur ce point, les Andrésiens peuvent être très surpris de lire le témoignage du maire de Conflans (page 41) : alors qu’Andrésy ne profite que très peu des services voiries de l’interco, la ville de Conflans en est satisfaite. Le maire (LR), M. Brosse, déclare en effet que le « service voiries était bien assuré car les agents travaillaient antérieurement pour la ville de Conflans, ce qui a grandement facilité l’efficacité des interventions grâce à une parfaite connaissance de la commune ». 

Où sont l’impartialité communautaire et l’intérêt général quand on constate que certaines communes sont avantagées ?

Andrésy isolé

En refusant de payer l’intégralité de nos impôts à l’interco, la majorité de MM. Ribault et Faist n’arrange pas la position d’Andrésy dans cette interco ! S’il fallait s’en convaincre, les deux derniers rapports d’activité de GPS&O ne mentionnent jamais la ville d’Andrésy et n’en reprennent aucun visuel. Andrésy a disparu des radars alors qu’elle est la dixième ville la plus importante des 73 communes de l’interco. D’ailleurs M. Tautou n’arrive même plus à en retrouver le chemin, même pour les petits-fours des vœux de notre maire.

 

Déclaration de Lionel Wastl, tête de liste AER, Conseil municipal, 20/12/18 :
« MM. Ribault et Faist, cette interco que vous avez souhaitée et défendue – rappelons-nous de vos votes favorables à la création de cette interco, ainsi qu’à son périmètre et son statut de CU –, cette interco donc, est devenue votre sparadrap :
Un sparadrap censé colmater votre gestion contestable de la ville et qui finalement vous colle à la peau et vous fera plus de mal que de bien.
Un sparadrap qui vous collera jusqu’aux Municipales de l’an prochain.
Ce ne serait pas grave si ce sparadrap ne faisait pas aussi du mal aux Andrésiens. »


(1) « Conséquences fiscles de la fusion des 6 EPCI : éléments de synthèse », E. Julla, P.E. Huet, E. Filiol, B. Roux, Ressources Consultants Finances, 16 avril 2015.